Dernièrement, la municipalité de Roumazières-Loubert, dirigée par Jean-Michel Dufaut, organisait une réunion d’information à l’intention des nouveaux élus concernant Laffit, le site d’enfouissement de déchets industriels situé sur la commune.
Cette réunion était animée par
Jean-Louis Mauss, directeur de la Réhabilitation environnementale chez Rhodia.
Pour le maire,
«Laffit est un site d’enfouissement de déchets totalement sécurisé, d’une sécurité de qualité et pérenne sur de très nombreuses années».
Au niveau administratif, c’est bien cadré : la loi selon laquelle le pollueur est le payeur est appliquée. La question qui se pose est :
«Est-ce que ça va continuer ? L’Etat va-t-il continuer à assumer sa part ?».
Les élus ont demandé une reconnaissance de servitude d’utilité publique, servitude inscrite obligatoirement dans le POS (Plan d’occupation des sols) pour interdire toute construction sur ou à proximité du site.
«Ce dossier implique une enquête publique faite par le préfet et payée par l’Etat. Nous demandons le lancement de cette enquête».
Rappel : En 1994, une bâche plastique est installée sur l’ensemble du site pour éviter les écoulements d’eau.
Son efficacité se détériore à nouveau vers les années 1997, rappelle Jean-Louis Mauss. Des discussions sont intervenues avec la Drire (direction régionale pour la protection de l’environnement) pour essayer d’améliorer encore le système. Dans le même temps, les fonds de l’Etat n’arrivaient plus. Une réunion est organisée au ministère de l’intérieur. Il est décidé de construire un mur souterrain autour du site et de changer la façon de surveiller le site. Coût du mur : 1,5 million d’euros + 1,5 millions d’euros pour le reste des travaux, 200 000 euros étant nécessaires au suivi annuel.
Il a fallu en 1er lieu vider une décharge qui restait sur le côté. Les déchets ont été conditionnés et transférés à Bellegarde (Nîmes) en 2002.
La 2e action a lieu en 2005 : la terre qui remplit le mur de contournement des eaux est remplacée par du béton isolant au maximum, un mur qui descend jusqu’à 10 mètres de profondeur. Autour, un fossé drainant évacue les eaux pluviales vers l’extérieur.
«Il s’agissait d’empêcher des infiltrations dans les nappes phréatiques».
La société exploitante du site, Acodex, est en liquidation de paiement depuis 1982, bien que juridiquement responsable du site, elle n’a pas les moyens financiers d’assumer sa responsabilité.
Pour
Jean-Michel Dufaut, cette réunion vise aussi à
«garder à l’esprit cette «histoire». L’Etat doit prendre en charge ce dossier car il est trop lourd pour une commune comme Roumazières-Loubert».