Pierre Boulanger

«Confolens à la veille de la Révolution», le nouveau livre de Pierre Boulanger.

Pierre Boulanger, historien local, vient de sortir un nouveau livre intitulé «Confolens à la veille de la Révolution».
Si la photo de couverture représente le grand escalier de la mairie de Confolens, c’est qu’il est le symbole d’une époque.
Avant 1867, la mairie était le palais de justice de Confolens. Un projet avait été monté pour casser l’escalier datant de 1774-1775 mais, par manque de moyens, il n’a pas été détruit.

«Dans ce livre, explique l’auteur, j’ai essayé de décrire Confolens et ce qui s’y passait. Il y a eu beaucoup de transformations à cette période, dans le quart de siècle qui a précédé la Révolution».

Trois dépôts d’archives : Angoulême pour tout ce qui touche la justice, Limoges pour les questions de religion, et Poitiers dont dépendait l’arrondissement administratif de Confolens, ont dû être consultés sur les trois années qu’a duré l’écriture de l’ouvrage. «Mais les recherches ont commencé bien avant», confie l’écrivain. La Vienne sépare Confolens en deux : sur la rive droite, le diocèse de Limoges, à gauche, le diocèse de Poitiers.
  • Les grandes mutations de Confolens
Comme nous l’indique Pierre Boulanger, Confolens a connu de grandes mutations avant la Révolution.
Dans l’ancien fossé du château a été percée la rue des Buttes qui va jusqu’à St-Michel, les allées de Blossac –du nom de l’intendant de Poitiers- ont été aménagées sur le rempart du faubourg St-Barthélémy, on a transformé le vieux pont : les maisons et les trois tours qui l’ornaient ont été détruites pour lui donner sa largeur actuelle. «Il y passait surtout des caravanes de mulets», commente l’historien. Les trois fleurs de lys du blason de Confolens représentent ces trois tours.
La ville s’est modernisée : dans le domaine de l’architecture, le tableau du retable de la chapelle de l’hôpital a été remplacé (fin 1744-début 1745). «Dans le domaine religieux, il ne reste que ce tableau des transformations apportées dans la ville».
Mais c’est dans le domaine civil que ces transformations sont les plus notoires : l’hôtel Dassier-Des Brosses, dont un des propriétaires va faire beaucoup parler de lui. Place de la Fontorse, l’ancien hôtel Babaud de la Fardie. «Babaud de la Fardie était receveur des tailles. En 1787, il est accusé d’avoir confondu la caisse de l’Etat avec la sienne. Il sera guillotiné en 1794».
  • Apparition de la céramique et du coton
Dans la vie quotidienne, se pose la question de savoir si on va élire le maire ou vendre la fonction. Cela fait rentrer de l‘argent dans les caisses de l’Etat qui en a fort besoin. «La Révolution a été pour les gens une façon de demander la stabilité quand la royauté cherchait des astuces pour trouver de l’argent».
Deux changements très importants s’opèrent dans le décor de la vie des gens : l’apparition du tissu de coton qui va remplacer la laine, le chanvre, le lin et la soie, avec l’arrivée des indiennes (d’Inde). On apprend à faire tenir les couleurs, notamment le rouge. Avec les motifs des tissus, cela donne une certaine gaieté aux vêtements.
Autre changement important, la diffusion massive de la faïence par un édit de Louis XIV qui va obliger les gens à changer les vaisselles en argent en vaisselles de faïence. Ce qui induit l’explosion des fabriques de faïences. Peu de temps après, on découvre le kaolin et ses propriétés, d’abord en Allemagne, puis en Europe où on va fabriquer la porcelaine. Fabrication jusque-là limitée à la Chine puis au Japon. A Sèvres puis à Limoges, on va fabriquer la porcelaine, peu de temps avant la Révolution.

«Avant, pour la batterie de cuisine, et ce jusqu’en 1900, on utilisait le fer, le cuivre, ou le laiton, l’étain pour les assiettes et les casseroles». L’étain recule au profit de la faïence que l’on peut réparer à l’aide d’agrafes, signe aujourd’hui d’authenticité des pièces.
Le livre de Pierre Boulanger : «Confolens avant la Révolution», de 302 pages, est disponible dans les maisons de la presse de Confolens, à la boutique d’informatique allées de Blossac à Confolens, et chez Pierre Boulanger au bourg 16500 Manot.

Prix : 25 euros + 5 euros de port.