A Roullet près d’Angoulême en Charente, Le Jardin des Perroquets fête son année d’existence.
Nathalie Guillien est à l’origine de ce projet.
Eleveur amateur, elle a voulu en faire son métier, ouvrir un parc et faire partager sa passion.
Le Jardin des Perroquets ouvrait ses portes au public le 8 août 2008, coïncidant ainsi avec le début des Jeux Olympiques de Pékin, se souvient-elle.
Pour monter un parc zoologique, un dossier de certification de capacité doit être présenté à la Direction départementale des services vétérinaires (DDSV) :
«Il faut prouver par l’expérience qu’on est capable de s’occuper d’animaux», explique le chef animalier.
Nathalie Guillien a donc suivi quelques formations proposées par des associations au niveau national.
«Il faut également avoir des structures capables d’accueillir du public». Après l’aval de la DDSV, le dossier doit recevoir l’approbation de la préfecture.
Dans un cadre paysager, sont accueillis 150 oiseaux de 40 espèces différentes dans plusieurs volières. Mickael Coudert, le chef animalier, surveille leur état de santé, leur nourriture, leurs plans de reproduction.
Ces oiseaux sont issus des élevages personnels de Nathalie Guillien et Mickael Coudert, et pour certains, de dons.
Ils représentent les cinq continents sauf l’Europe, la grosse majorité étant des perroquets, du grand ara, le plus grand des perroquets, à la perruche.
«Les oiseaux de la famille des perroquets, ou psitacidés, se caractérisent par leur bec crochu. Leur alimentation se compose principalement de graines, fruits, légumes, larves d’insectes. Les plus gros perroquets peuvent, grâce à leur bec, manger des noix de palmier et plus généralement des fruits à coque qu’ils cassent».
Les perroquets ont une espérance de vie de 40 à 90 ans, les perruches de 10-15 à 20 ans.
«Ces animaux se sont bien acclimatés sous nos latitudes, explique le chef animalier. S’ils proviennent à l’état naturel des pays tropicaux et équatoriaux, de la forêt amazonienne et, pour le cacatoès, d’Océanie, tous les animaux du parc sont nés en captivité, ils sont sur le territoire français depuis longtemps».
L’un de ces oiseaux vit, à l’état naturel, dans la neige des montagnes néo-zélandaises.
«On ne présente que des animaux qu’on verra dans la nature, confie l’éleveur. Il n’y a pas de croisements génétiques». «Pour que ça se passe bien, il faut éviter trois facteurs en hiver : le froid, les courants d’air et l’humidité, continue-t-il. Il faut savoir que les trois quarts de ces oiseaux sont en voie de disparition, seules, trois espèces de perroquets ne sont pas en danger».
A côté des sept grandes volières dont deux sont réservées aux oiseaux en couple pour la reproduction, une mini-ferme présente les animaux de la basse-cour : oies, poules, tourterelles, cochons d’Inde, lapins nains, de nos contrées, mais aussi quelques spécimens de poules araucana du Chili.
«Ces poules ont la particularité, explique Mickael Coudert, de ne pas avoir de queue et de pondre des œufs bleus». Couleur due à la nourriture de leur milieu d’origine sans doute. Des mini-chèvres sont attendues pour compléter la basse-cour.
Dans une volière toute proche, on découvre deux grands perroquets : un grand ara, mais aussi un Nestor Kea de Nouvelle-Zélande, qui devient carnivore en hiver. «Seuls cinq ou six parcs en France possèdent un Nestor Kea».
- Une 1re année prometteuse
Depuis l’ouverture du parc en 2008, 7-8000 visiteurs ont été enregistrés.
«Nous espérons atteindre les 10 000 à la fin du mois, explique le chef animalier, c’est le seuil minimum pour pouvoir communiquer sur les axes routiers». Le parc pourrait ainsi profiter de la proximité de la RN 10.
«Nous avons fait un bon mois de juillet».
Bien qu’encore peu connu, le jardin des perroquets reçoit surtout des visiteurs de
Charente, mais aussi des vacanciers qui découvrent les publicités dans les Offices de Tourisme, les campings.
«Beaucoup de groupes reviennent, commente le technicien, et avec le label Tourisme Handicap, nous pouvons accueillir des personnes en situation de handicap».
- Des ateliers pour les enfants
Dès septembre 2008, ont été proposés aux enfants des ateliers petits soigneurs d’une durée de 2 à 3 heures. La visite guidée donne lieu à une restitution des informations qui permet de situer les animaux sur la carte du monde, découvrir ce qu’ils mangent, aborder le trafic des animaux sauvages, les espèces en voie de disparition. Pour les plus petits, un atelier coloriage est mis en place. Un goûter clôt la visite.
«
Cette initiative a bien pris, constate le guide, on avons même des demandes pour les anniversaires».
D’une surface de 2 ha, le parc est appelé à s’agrandir rapidement : «
Nous avons déjà le terrain, informe le soigneur, nous souhaitons aller vers un parc zoologique et donc intégrer des mammifères, dans la mini ferme, et sans doute des petits primates».
Et dans deux-trois ans, la propriétaire projette de monter une serre tropicale dans le hangar existant.
Dès l’automne, un parking plus grand devrait desservir le parc, la commune de Ruelle devant refaire la route qui passe devant et y intégrer une piste cyclable.